Comme un air de déjà vu... Après le Contrat Nouvelle Embauche (CNE), le gouvernement se copie lui-même, et voilà le Contrat Première Embauche (CPE). Franchissant un pas de plus dans la précarisation des travailleurs, Dominique de Villepin s'en prend maintenant aux jeunes de moins de 25 ans qui cherchent un travail.
On espérait un CDI, voire un CDD?
Ce sera deux ans de période d'essai, la précarité la plus terrible pour des salariés qui pourront se voir licencier du jour au lendemain. Bien évidemment, selon la vieille logique de la droite, aucune contrepartie ne sera demandée au patronat. Selon le gouvernement, le retour au travail journalier, l'impossibilité pour un nombre croissant de travailleurs de trouver un logement, d'emprunter pour acheter une voiture, bref, de s'installer dans la vie, eh bien mes braves gens, mais ce serait le prix à payer pour le retour au plein emploi, et puis, au bout de deux ans, il y aurait un CDI à la clef.
Ah oui?
Dominique de Villepin le déclare lui-même. Depuis la création du CNE, en septembre 2005, au bout de quatre mois, il y a eu 10% des conclus CNE qui ont été rompus. 28 000 personnes licenciées, sans tambour ni trompettes. Les patrons eux-mêmes ne font pas semblant. 57% d'entre eux avouent qu'ils ne garderont pas les salariés en CNE au bout des fameux 2 ans. Ils en prendront de nouveaux, c'est si facile. La précarité remplacera alors la précarité. La droite peut toujours pérorer. Elle ne laisse derrière elle que la détresse et l'instabilité.
Anna Blum (SDJ 75)