Socialisme et Démocratie II
Doit-on se réjouir d’une forte mobilisation pour la défense des 35 heures ? Non, si l’on considère qu’elles sont menacées ; oui, si l’on considère qu’elles ont été appropriées par ceux à qui elles étaient destinées ; non, si l’on considère que ceux-là mêmes qui les défendent aujourd’hui, pour la plupart les critiquaient lorsqu’elles ont été conçues, et ont par conséquent leur part de responsabilité dans la présence de la droite au pouvoir ; oui, si c’est la voie d’une nouvelle alliance à gauche pour une reconquête.
L’autonomie syndicale, telle qu’elle s’est instituée en France, demeure à la fois une esbroufe intellectuelle et un contresens historique. Deux formidables ambitions en font les frais : un syndicalisme véritablement protecteur ; un progrès social désireux de résultats réels.
Dilemme que cette spécificité gauloise : la Charte d’Amiens, qui fonde une soi-disant indépendance syndicale dont l’unique effet est un droit de critique sans limite, un pouvoir d’inconséquence sans pareil, une liberté d’intrusion dans la vie politique sans contrepartie, et par conséquent, surtout, une éternelle division de la gauche.

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