Il y a des W.E. qui redonnent espoir. Alors que, la semaine dernière, les affiches socialistes commençaient à fleurir sur les murs de France, annonçant un splendide « OUI » en 20 langues, les socialistes ibériques pressentaient de larges victoires.
En Espagne, le Traité constitutionnel a obtenu près de 77% des suffrages. Belle image que ce pays, entré dans l’Union européenne en 1986, à peine plus de dix ans après la chute de Franco, et où la politique européenne de Cohésion a permis un rattrapage économique exemplaire. Il y a un moins d’un an, la victoire de José-Luis Zapatero précédait de peu celle de 21 régions socialistes françaises.
Elle précédait également celle des socialistes portugais qui, hier, ont pour la première fois de leur histoire acquis la majorité absolue au Parlement. Avec près de 60% des suffrages, la gauche portugaise a suivi la voie d’une alternance qui semble confirmer un large tropisme vers la gauche de l’électorat européen.
La reconquête est donc peut-être bien en marche. Elle doit appeler toute notre vigilance. Elle doit être emprunte d’une très grande exigence.
En 1998, 11 des quinze 15 Etats alors membres de l’Union européenne étaient dirigés par des gouvernements socio-démocrates. Cette large majorité aurait pu permettre des réalisations à la hauteur des espoirs de l’électorat de gauche. Il n’en a rien été. Les gouvernements d’alors n’ont pas saisi le coche pour changer de direction, pour rompre avec la méthode intergouvernementale (qui veut en réalité dire négociations pour la préservation des intérêts nationaux). Ils ont failli par paresse et par attentisme, certains que la croissance économique de l’époque suffirait à résoudre les difficultés sociales du vieux continent.
Les débats sur le Traité constitutionnel, ainsi que la première élection pour la présidence du Parti socialiste européen, qui a vu la victoire du fédéraliste Poul Nerup Rasmussen, ont peut-être donné aux socialistes européens les armes qui leur manquaient : la conscience d’une forte attente politique de la part des citoyens européens ; un parti uni, décidé à faire collaborer toutes les forces progressistes que compte l’Europe. Notre devoir, à nous socialistes français, est de nous inscrire résolument dans cette démarche, seule voie possible pour construire l’Europe sociale que nous appelons de nos vœux.
eh ben ami manu nous bloggons sur le même sujet en ce lundi de février.
Rédigé par: socdem | 21 février 2005 à 14:08
Eh oui Romain, ça met en joie des lundis comme celui-ci...
Rédigé par: Emmanuel | 21 février 2005 à 14:34
La victoire des socialistes portugais va dans le sens d'un rebond de la gauche européenne. Ce qui est à noter aussi pour nous, socialistes français, c'est la manière dont nos voisins européens ont :
1) pris le virage social démocrate.
2) géré le saut générationnel qui s'annonce assez sanglant chez nous.
3) montré qu'on pouvait encore gagner en étant socialiste au XXIème siècle.
Ce qui est drôlement bien, c'est de dire que l'on va finir par regagner doucement une majorité de gouvernements socialistes en Europe... Et ça c'est un argument du oui...
Rédigé par: garance | 21 février 2005 à 18:40
Allez, je mets un bémol à ce lundi de février si rose, même si je partage votre enthousiasme, le SPD de Schröder dans le Schleswig-Holstein va certainement l'emporter mais reste sanctionné...
Avec 5 millions de chomeurs, il faut dire que le socialisme fait pâle figure en plein milieu de l'Europe...
J'm'en vais blooguer sur ça, pour changer ;-)
Rédigé par: Jean-François | 21 février 2005 à 19:33