21 avril, trois ans après : la gauche en danger
Trois ans après le 21 avril 2002, la gauche semble encore bien en difficulté : malgré des victoires indéniables et claires aux élections régionales, cantonales et européennes de 2004, qui avaient pu faire croire à l’approbation par l’électorat de la ligne réformiste du Parti socialiste, la déchirure qui se fait jour à l’intérieur du même Parti socialiste au sujet de l’Europe réouvre une plaie que l’on croyait en voie de cicatrisation.
Comment expliquer ce goût de la mise en danger, cette volonté irrépressible de scinder alors que l’unité est nécessaire, cette logique du rapport de force plutôt que la recherche du consensus ou la quête du compromis ? Pour ma part, je continue à voir trois causes dans la situation spécifique – mais pas forcément enviable – de la gauche française.
La première, c’est ce que j’appelle le « divorce à tords partagés » entre les français et leurs représentants. D’un côté, les élus, trop longtemps, se sont abrités derrière la légitimité du suffrage populaire pour ne pas rendre de compte à ceux dont ils tiraient leur légitimité. Ils bénéficiaient en cela de la conception universaliste et républicaine de la politique française : la volonté générale sort des urnes, pas des récriminations communautaires, sectorielles ou corporatistes. Les avancées récentes de la démocratie locales commencent à répondre à ce besoin d’explications, de contact, et même de revendications bien légitime des électeurs. Mais elles sont peu de chose en regard de la faiblesse de notre dialogue social. C’est aussi pourquoi il est si rageant d’avoir un gouvernement de droite, et de droite aussi dure, dans la période actuelle.
De leur côté (et c’est la deuxième cause), les électeurs ne sont pas non plus exempts de toute responsabilité : leur refus de plus en plus affirmé de l’engagement collectif, de l’adhésion aux syndicats et aux partis, fragilise également le fonctionnement démocratique. Chaque électeur se sent en droit de refuser un programme, un parti ou un candidat parce qu’un point parmi des centaines lui déplaît. A ce compte, l’exercice de la démocratie, qui doit inévitablement passer par la définition de majorités, devient rapidement impossible. La revendication de la prise en compte des votes blancs en est le symptôme le plus criant : à travers elle, beaucoup d’électeurs voudraient pouvoir s’affranchir de leur responsabilité civique, qui est soit de désigner le dépositaire momentané du pouvoir démocratique, soit de proposer une alternative aux suffrages des citoyens. Je ne crois pas, vous l’aurez compris, que le comptage de cette démission citoyenne soit la bonne solution.
La troisième raison enfin, c’est le fameux surmoi marxiste de toute la gauche, le complexe d’œdipe du socialisme. La crise actuelle le révèle avec une parfaite acuité. Car que reprochent les partisans du non de gauche à la Constitution, au fond ? Une chose seulement : rendre impossible tout retour au vieux rêve de la planification économique, du dirigisme centralisé. Et tant pis s’il rend également impossible le rêve de nos adversaire : une économie totalement dérégulée, un marché parfaitement irresponsable, le libéralisme économique en somme. Ce qui compte, c’est que l’on ne brise pas l’espoir du grand soir : quitte, pour cela, à briser la construction européenne, le progrès sociale, et même les possibilités de retour au pouvoir de la gauche.
On a coutume de dire que la droite française est la plus bête d’Europe. A l’exception de la droite britannique, c’est peut-être vrai. Mais la France a aussi la gauche la plus fière d’Europe, et, si c’est une qualité, ce n’est pas tous les jours un avantage. La gauche française étouffe d’un passé trop lourd et d’un avenir sans perspective. La construction européenne pourrait lui en offrir une, si seulement elle préférait le sens des responsabilités au gardiennage de l’utopie. Il est tant de construire, en France, une génération politique authentiquement de gauche, parfaitement responsable et résolument européenne.
Ton analyse qui vient de l'intérieur est intéressante. Je ne suis pas d'accord sur tout et en particulier sur le fait qu'il y a à gauche le PS ou l'extrême gauche. Je n'ai pas envie, mais envie du tout de voter pour le PS tel qu'il est. J'ai fait une note plutôt virulente sur le 21 avril 2002. Cela ne te plaira sûrement pas. Mais je crois avoir déjà dit la même chose sur le blog -disparu- de Romain.
Quant à la Constitution européenne, il y a des choses intéressantes -me semble-t-il- dans les commentaires.
Rédigé par: Schleuder | 22 avril 2005 at 23:37
Je viens de lire ta note, et d'ailleurs, puisque tu comptes récidiver, je participerai volontiers à ton prochain débat. Evidemment je te trouve injuste: ce que l'on peut reprocher au PS, à mon avis, quand on est l'un de ses électeurs, ce n'est pas de se désintéresser des plus démunis ou des moins bien lotis de la société: c'est plutôt de ne pas trouver de solution qui résolve rapidement et durablement leur situation intolérable. Tu n'as pas tords à cet égard d'être virulent. L'écart entre l'urgence des situations humaines et les résultats de l'action politique est difficilement acceptable.
Cependant, il ne faut pas être manichéen. Réintégrer socialement un SDF - c'est-à-dire lui donner les moyens d'être autonome - est une gageure, et même avec de gros moyens, l'on y arrive très rarement. Et comme les moyens mobilisés sont déjà très importants, et les ressources pas extensibles à l'infini...
Alors tu me diras que je fais une leçon de réalisme politique, alors qu'il suffirait de changer le système tout entier pour que les solutions existent. Et c'est ça précisément qui fait qu'il y a une extrême gauche et une gauche. Pour l'extrême gauche, l'urgence de la situation impose des solutions radicales, et peu importe si le résultat final risque d'être catastrophique: il fallait agir. L'expérience a été menée, en Chine, en Corée du Nord, en Russie, à Cuba par exemple, et à chaque fois le résultat est le même: la dictature. Est-ce un hasard? Pour les partisans de l'extrême gauche oui: le système n'était pas encore assez bien rodé, mais l'on peut progresser, il faut réessayer, et tant pis si ça fait à nouveau des goulags et des famines. Mais pour les partisans de gauches - que j'appellerais, parce que je m'y reconnais, les sociaux-démocrates - il est inacceptable que le remède puisse être pire que le mal. On ne peut pas, en toute responsabilité, entrainer à la perte la société (c'est-à-dire, malgré tout, la démocratie et une certaine forme de prospérité) toute entière pour améliorer la situation de quelques uns (ni même la situation moyenne).
Cela ne veut pas dire, bien entendu, qu'il faille tout faire pour conserver la société en l'état: réservons cette vision des choses à la droite. Cela veut dire qu'il faire effort, tout le temps, pour améliorer la société, et en priotité le sort des plus démunis, de ceux pour qui l'action est la plus urgente, mais dans le respect des principes fondateurs de la démocratie.
Tu le vois, pour moi il y a bien une gauche et une extrême gauche, et ça n'a rien à voir avec ceux qui prenne en compte la pauvreté ou non. Et tu cromprendras aussi pourquoi je préfère la première à la seconde.
Rédigé par: Emmanuel | 24 avril 2005 at 11:07
La gauche en danger?
Je partage dans une large mesure tes analyses. Cependant, il est plus que temps aujourd'hui, pour les sociaux démocrates, de se démarquer fondamentalement des dogmes de l'extrème gauche et des utopies des économies socialistes.
Notre "gauche" est malade de notre relation ambigue avec le capitalisme. Nous avons accepté , et à juste titre, l'économie de marché en 1983. Cette acceptation n'est en rien un reniement à notre volonté de justice sociale , d'égalité des chances, du developpement des idées humanistes.
Cependant, nous avons pas, pendant plus de 20 ans, modifié nos discours encore emprunt de "marxismes". Cette confusion nous la payons aujourd'hui...
A nous de redefinir de nouvelles exigences sociales et humanistes et d'en finir avec ses amis d'un autre siècle...
Rédigé par: Alexandre F. | 24 avril 2005 at 20:01
Je vois très bien la part d'irréalisme de cette extrême gauche - et le danger totalitaire. Mais j'imagine (parce que je ne suis pas spécialiste) qu'il doit bien y avoir moyen de redistribuer un petit peu différemment les richesses produites, et je ne parle pas de distribuer des aides sociales. Non juste quelques mesures qui permettent de le faire dans le fonctionnement même de l'économie de marché (ne me demande pas lesquelles - je ne suis pas spécialiste - mais je n'ai aucune peine à croire qu'elles existent).
S'il faut parler froidement de réalisme politique, je crois sincèrement que les dirigeants du PS n'ont pas idée du rejet dont ce parti fait l'objet dans ce qui devrait être sa chasse gardée électorale. En rejeter la faute sur l'extrême gauche (qui après tout ne fait que ce qu'elle a à faire) est une erreur. C'est même à mon sens de l'aveuglement. Parce que si l'extrême gauche gagne du terrrain, c'est parce que le PS s'éloigne de ses électeurs. Elle ne fait que récupérer les déçus du PS. Elle ne provoque par leur venue. Il ne faut pas inverser la cause et les effets.
Ce qui est en cause, ce n'est pas le capitalisme et l'économie de marché, ce sont ses dérives (moins e protection des travailleurs, concurrence à outrance, pression toujours plus grande du chômage, en bref, l'incertitude quotidienne). Et le PS ne semble pas avoir trouver de remède à cette incertitude. D'où cette désaffection, vers l'extrême gauche pour les plus cultivés, vers l'extrême droite pour les plus touchés.
Je reste persuadé que le PS s'est piégé tout seul en entrant dans la campagne pour le "oui".
Il n'en tirera aucun bénéfice électoral. Car même si le "oui" l'emporte au référendum, les partisans -de gauche- ne lui pardonneront pas. Si le "non" l'emporte,...
Rédigé par: Schleuder | 24 avril 2005 at 20:37
Tout à fait d'accord Alexandre: le premier objectif pour notre génération c'est de définir une politique sociale dans le cadre de l'économie de marché.
Schleuder, je partage un paragraphe dans ton post: celui sur l'insécurité sociale qui gagne du terrain. C'est bien cette "incertitude quotidienne" à laquelle il faut s'attaquer. Mais penser que l'extrême gauche peut ou veut le faire, et penser que le parti socialiste s'en désintéresse, c'est une grave erreur. D'ailleurs, contrairement à ce que tu dis, les électeurs ne plébicite pas l'extrême gauche: les élections de 2004 ont été catastrophique pour elle, alors même qu'elle été unie. C'est tout dire!
Enfin une dernière remarque: choisir le non par calcul électoral aurait été abjecte, et le seul qui l'a fait, à mon avis, en paiera le prix fort, quel que soit le résultat le 29 mai. Nous avons choisi le OUI par conviction profonde que l'Europe est nécessaire, et après examen d'un texte qui répond en parti à nos exigences démocratiques et sociales. Il serait criminel, pour quiconque prétend défendre le camp du progrès social, de rejeter ce texte pour des motifs seulement électoralistes.
Rédigé par: Emmanuel | 24 avril 2005 at 23:11
Pour les élections de 2004, j'ai déjà exprimé mon opinion : je pense qu'il y a eu un effet "culpabilisation d'après 21 avril" qui a joué en faveur d'un vote utile. Ce qui explique à la fois le bon score du PS et le mauvais de LCR-LO. Mais sur le fond, la majorité des gens de gauche ne souhaite pas l'extrême gauche. Elle veut une gauche plus combative face aux excès du libéralisme, combativité qu'elle (et je) ne me semble pas évidente au PS.
Bien sûr que choisir le "non" par calcul aurait été abject. Je me trompe peut-être mais je crois simplement qu'avoir choisi le "oui" ne servira pas le PS en 2007, et ce quel que soit le résultat au référendum).
Question vacharde : au delà du calcul politique, penses-tu que si le référendum interne au PS avait eu lieu plus tard aurait-il donné le même résultat ?
Rédigé par: Schleuder | 25 avril 2005 at 00:36
Personnellement, je crois que le résultat du référendum aurait été le même.
En effet, la problématique est la suivante et certains en font un calcul. L'Europe telle qu'elle se construit souffre d'un manque de pouvoir politique au sens de responsabilité assumée politique. L'Europe est certe libérale au sens où elle crée un marché unique européen. En France, estimerait-on normal qu'un vendeur breton ne puisse vendre sont produit ou son service en Savoie. Biensûr que non. En Europe, il en est donc de même. Les pauvres trouvent des débouchés pour des produits à faible valeur ajoutée et les riches vendent de la haute technologie et le riche vendent plus qu'il n'achètent. C'est un investissement sur l'avenir.
Dans le même, l'Europe qui est libéral avec le reste du monde mais la compétition individuelle entre nous fait que nous ne sommes pas capable de mettre en place des barrière commune. (Sic le textile actuellement)
L'Europe de la constitution est profondément social démocrate de type continental et affirme ce modèle au niveau mondial. Renforce la politisation des institutions et nous donne des droits que nous n'avons pas en France souvent (ex. Pétition) et elle gomme certains travers Service Public Chartes des droits fondamentaux qui aura valeur contraignante (dixit "La Tribune" pour dire que les vrais libéraux la prenne au sérieux)
L'Union souffre d'une faiblesse politique souffre d'un déficit démocratique, tout ce qui renforce l'aspect politique et démocratique est bienvenu.
Ceci reste encore valable. Le PS n'a pas vocation à faire plaisir à ces électeurs, il a vocation à les informer, les guider, les aider ceci est totalement différent. Le discours fabusiens actuel est facile. Non pourquoi, parce que les français veulent voter non? Ce discours est la négation de la politique. Les communistes sont contre la constitution car il refuse le marché et refuseront tous les textes européens possible. C'est pareil pour Le Pen, il est contre refuse toute perte de pouvoir de l'Etat français au profit d'une entité extérieure. Devilliers c'est pareil.
Et les socialistes qui vote non, il estime que nous devons reconquérir notre électorat en se montrant pure mais c'est une course poursuite absurde. Ils seront toujours plus à gauche que nous et l'extrème gauche ne peuvent rien apporter autres que l'influence de la rue. Ils ne sont jamais d'accord avec nous sur rien et même pire que cela ils ne sont jamais d'accord entre eux sur rien. (PT, Alternatif, LCR, LO...)
Soyons nous même est fière de l'être, fiers de notre combat et de nos résultats (congés payés, baisse du temps de travail, revenu minimum, retraite, CMU, mais aussi culture progrès sociétaux) nous n'avons pas à rougir.
Si le oui ne sert pas le PS, qu'en est-il du non ?
Plus de démocratie dans le parti respecté, le ps français isolé au sein du PSE alors que l'union est déjà dur à faire, renforcement de tous les extrèmes en Europe contre les gouvernements démocratiques, flottement dangereux de l'Union avec départ possible des pays les plus sociaux (Danemark, Suede) alors que le oui risquait de faire sortir l'Angleterre pays le moins social de l'EX EUROPE DES 15.
Attente de 2 ans pour obtenir (sans garantie du pouvoir) que Chirac s'en aille pour commencer une négociation avec une Allemagne à droite???
Le problème de l'évolution de l'Europe est un problème de choc culturel dont l'intégration prend du temps aussi le mode des pas progressifs est majeur mais si ce n'est pas sexi. Le consensus aujourd'hui est là dans la constitution. Refuser la constitution aujourd'hui ne permettra pas d'aller fondamentalement plus loin. Dans 10 ans sans doute mais pouvons nous attendre le mieux?
Le mieux est souvent l'ennemi du bien. Si une convention échoue croit-on réellement que le conseil prendra le risque de redonner aux parlementaires une deuxième chance non, une constituante impossible elle ne respectera jamais l'ensemble des peuples.
L'Irlande, le Portugal, la Pologne auront toujours leur non droit à l'avortement.
Le principe d'économie libre et sans discrimination (ie non faussée).
La Suède ne voudra pas donner du social mais aussi les pays de l'Est qui ont tant à conquérir par le travail et l'effort que les peuples sont déjà euro du social que leur apporte le texte.
La constitution est un contenant qui contient toutes les constitutions des états qui la compose Qui a demandé des adaptations à chacun (Ecologie en France, Social à l'Est ....). Elle n'a pas vocation ni à baisser l'existant de nos propres textes mais fixer les minimum pour entrer. Le droit au travail restera valable en France puisque c'est inscrit dans la constitution française qui dans le droit est supérieur à tous les traités. Le président n'ayant pas le droit de signer un traité contraire à celle-ci.
Enfin pour finir, punir l'Europe de la politique de J Chirac s'est minimisé sa responsabilité et diluer la force de l'opposition comme dans le cas des manif des salariés en ce moment le salarié manifeste contre l'Europe et non contre le patronat. Alors le patronat, il s'en fout, le politique un peu moins mais exsangue il n'a rien à offrir financièrement alors il offre le symbolique (privatisation de GDF pour Juin, report de Bolkestein car ce texte dans son principe passera pour l'essentiel...) Pendant ce temps là, les lycéens sont arrêtés comme jamais depuis 68. et Bush fait ce qu'il veut dans le monde... Inquiétant
Rédigé par: Olivier | 26 avril 2005 at 20:28
Ces libéraux qui trouvent cette constitution trop sociale ne la trouvent pas trop sociale pour voter "oui". Or au PS vous dites "dites "oui" car l'Europe est à droite en majorité et si on doit renégocier, le prochain texte sera pire".
Expliquez-moi alors pourquoi ces libéraux pas contents votent "oui" alors qu'il leur suffirait de voter "non" pour négocier un traité encore plus libéral ?
Il faut arrêter je crois de brandir l'argument des "libéraux qui trouvent le TCE trop social". C'est normal, de bonne guerre qu'ils le fassent. Ce qui compte au fond, c'est qu'ils osnt finalement assez contents.
Rédigé par: Schleuder | 26 avril 2005 at 23:14
On ne dit pas oui car ce serait un moindre mal mais parce que c'est un bon texte. On est mieux avec l'Europe que sans l'Europe (y compris grace au "grand marche" decrie par certains), et on serait mieux avec ce Traite qu'avec les anciens Traites.
Il est vrai que beaucoup de liberaux pas contents du traite (ou relativement indifferents) votent quand meme oui, sans doute parce qu'ils pensent que ca ne justifie pas de casser la construction europeenne (cf. la position de Madelin, qui critique le traite sur le fond). Certes, cela les distingue de beaucoup a gauche qui considerent que l'Europe ne vaut pas qu'on la defende, et qui preferent "pas d'Europe" a une Europe imparfaite.
Mais fondamentalement les liberaux n'ont pas BESOIN de ce traite: 1) le cadre existant suffit pour mener les politiques qu'ils veulent; ou 2)s'ils veulent des evolutions de l'Europe, ce sont des evolutions diametralement opposees a celles qu'introduit le traite.
Certains liberaux francais voient aussi ou est l'interet objectif de la France (en fait l'argument principal avance par la droite, bien que tres faible d'un point de vue pro-europeen).
Cela dit, ce n'est pas le cas dans d'autres pays europeens ou beaucoup d'ultraliberaux font tres clairement campagne pour le non: Royaume-Uni, Republique Tcheque, Pologne, etc.
Rédigé par: Antoine | 28 avril 2005 at 14:49
"On est mieux avec l'Europe que sans l'Europe". Qui a dit le contraire ? Mais une Europe comme celle que l'on a, à peine modifiée par ce TCE (améliorée - mais que veut dire améliorer quand on part de si bas), désolé, c'est "non", "non merci" même puisqu'il faut être poli.
Comment pouvez-vous croire que ce TCE changera fondamentalement les choses par rapport à ce qui se passe depuis presque 15 ans ? Comment pouvez-vous utiliser les mêmes phrases, les mêmes promesses qu'en 1992 alors que le bilan de l'Europe est clairement négatif ? COmment pouvez-vous faire croire que le fonctionnement REEL de l'Europe, basé sur le couple commission/lobbies,puisse être modifié par un texte qui ne modifie presque rien par rapport aux précédents ?
Des avancées oui mais par rapport à quoi ?
Rédigé par: Schleuder | 28 avril 2005 at 16:49
Le truc, c'est justement que le bilan de l'Europe n'est pas negatif, mais positif. Je ne reviens pas la dessus, on ne va pas refaire le debat qu'on a eu sur un autre blog.
Mais en tout cas il y a une contradiction dans ton post: en disant non au Traite tu veux dire non a l'Europe "que l'on a". Cela signifie qu'il faut s'en debarrasser, donc qu'on serait mieux sans qu'avec... Sauf a penser que le NON produirait spontanement et miraculeusement une "meilleure" constitution qui "changerait fondamentalement les choses"!
L'idee d'un "non pro-europeen" est une vaste blague, du moins si l'expression se refere a l'Europe qui existe, et telle qu'elle s'est construite depuis 50 ans, et pas a une "autre Europe" fantasmee. Le gros des critiques contre le TCE porte sur les traites precedents, pas sur celui-la!
Rédigé par: Antoine | 28 avril 2005 at 19:14
Celui-là ne fait qu'entériner les précédents. Il n'est en rien différents des précédents. Simplement chat échaudé craint l'eau froide. Et sauf erreur, nous n'avons pas été consulté pour les traités précédents (j'aurais sûrement voté non au traité de Nice). Peut-être aurait-il fallu continuer...
Le seul argument du "oui" finalement c'est "ne pas interrompre la construction européenne", quoique puisse être cette constitution. Il fallait peut-être y réfléchir avant au fait que cette constitution pourrait déplaire.
Rédigé par: Schleuder | 29 avril 2005 at 01:14