Quel sera le véritable enjeu du congrès du centenaire, au Mans, les 18, 19 et 20 novembre prochains ? Comme toujours serait-on tenté de dire : un enjeu de méthode. A la fois essentiel et pas complètement décisif. Comme le note Alain Bergougnoux dans l’excellente analyse qu’il déploie, avec Gérard Grunberg, dans une tribune du Monde daté du 22 octobre, il s’agit de trancher entre un « néojospinisme » qui veut continuer à mettre en conformité les actes et les paroles, et un « néomitterrandisme » qui pense que la reconquête du pouvoir justifie bien quelques excès de promesses et une course à la gauche de la gauche. Comme d’habitude, nos débats sont pris dans une tension forte entre, d’une part, la nécessité de préserver les enseignements tirés de l’exercice du pouvoir et, d’autre part, la tentation de se servir d'un discours plus facilement tapageur. Ca ne laisse pas beaucoup de place à la refondation des repères socialistes autour du réformisme et d’un nouveau modèle social-démocrate. C’est bien, d’ailleurs, la volonté de certains, et les véritables bénéficiaires de la lenteur qui en résulte pour nous sont bien ceux qui contestent la nécessité d’une action gouvernementale pour la gauche. Sans peut-être le vouloir véritablement, puisqu’ils font ça au nom d’une stratégie de reconquête du pouvoir, ceux qui prônent le virage à gauche au nom de l’unité de la gauche se rendent coupable, à mon sens, d’une régression idéologique grave. Ils font croire qu’au final, attendre pour reconquérir le pouvoir et renverser définitivement la droite vaudrait peut-être mieux qu’exercer le pouvoir le plus tôt possible pour transformer la société autant que faire se peut et aussi profondément que possible. Pour moi, être de gauche, c'est améliorer au plus vite tout ce qui peut l'être en vue de la justice sociale et de l'égalité, et non préférer la promesse du meilleur à de réels changements.
Mais, plus largement, si l’on ne définit pas ce qu’est l’horizon du socialisme, ses objectifs précis et les moyens de son action, comment pense-t-on pouvoir fixer réellement une méthode pour reconquérir le pouvoir ? On aurait bien aimé, pour marquer les esprits, un enjeu plus fort, tel que le réclamait le même Alain Bergougnoux, le 22 avril dernier, lors du colloque « 1905 – 2005 : cent ans de socialisme » : « Faire "oublier" 1905 serait peut-être, après tout, un programme qui vaille la peine d’être présent à notre esprit pour s’installer dans le nouveau siècle, dans des conditions moins précaires que nos prédécesseurs dans l’ancien ! » Autrement dite: moins de tensions entre les actes et les discours (mais également entre les différentes stratégies de prise de pouvoir et d'unité de la gauche), et plus de projet, de contenu, de choix de société.
Il faudra attendre ; ou bien y travailler…
En attendant justement, pourquoi ne pas lire (ou relire) les repères historiques donnés sur le site de l’Office Universitaire de Recherche Socialiste (OURS) concernant les congrès socialistes ?










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