Le Mans: sens et direction
Le Conseil national du Parti socialiste qui s’est tenu aujourd’hui, à la Défense, en adoptant une nouvelle direction, a mis fin au 74° congrès du PS. Avec cette particularité, impensable il y a trois semaines à peine : à l’exception de Laurent Fabius et d’Arnaud Montebourg, la totalité des acteurs majeurs de ce Congrès sont représentés dans la nouvelle direction. Le premier, Laurent Fabius, veut rester libre de penser pour mieux se préparer à la présidentielle. On peut donc douter de la loyauté dont il fera preuve dans les temps à venir à l’égard de son parti. Pour le second, le doute n’est pas permis : il récuse la synthèse et veut fonder un nouveau courant, en marge – pour ne pas dire en opposition – de la nouvelle direction.
Clarification ou rassemblement, c’était, pour beaucoup, l’alternative que proposait le Congrès, et c’est aussi la question qui taraude les socialistes depuis un siècle. Le vote des militants a apporté une réponse à la première proposition ; le processus du congrès, sous la pression de la situation politique et sociale de la France en ce moment, a réalisé la seconde. Au détriment, indéniablement, de la première*.
D’où, une réflexion : si un congrès qui permet à la fois d’apporter une réponse indiscutable sur l’orientation majoritaire d’un parti et de ressouder les rangs à l’approche d’échéances majeures est non seulement un congrès utile, mais également un congrès digne, dont tous les militants peuvent être fiers, ce n’est en revanche, au regard de l’histoire du socialisme, pas un congrès décisif, pas l’un de ces moments forts au cours desquels l’histoire choisit son chemin. Cela, c’est désormais remis, au plus tôt, à la campagne pour la désignation de notre candidat à la présidentielle 2007. En espérant que celle-ci se déroulera dans des conditions loyales et franches, qui ne mettent pas en péril l’unité nouvellement reconquise.
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*Pourquoi ce mouvement de reculade, décidé par notre premier secrétaire, au moment où, semblait-il, il ne restait qu’à cueillir la victoire ? Une simple hypothèse : si une ligne réformiste, sans aucune ambiguïté possible, avait été adoptée, et qu’elle ait ou non rassemblé derrière elle les minorités du parti, alors le candidat à la présidentielle était de facto désigné par le congrès : Dominique Strauss-Kahn. Ce dont François Hollande, pour des raisons qui lui sont personnelles, ne voulait pas.
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