Le roi de la récup
Il avait fait de la fracture sociale son cheval de bataille en 1995, et avait enfourché l’insécurité avec la même arrogance en 2002 : sans aucune solution, mais avec la certitude de monopoliser le débat.
Aujourd’hui, Jacques Chirac revient en force, avec le dialogue cette fois, slogan opposé aux violences urbaines de Clichy. Epaulé par Villepin, Chirac joue l’une de ses partitions favorites, celle qui lui a le mieux réussi jusqu’à présent : combattre l’opposition… dans son propre camp, et faire croire que le clivage politique véritable se situe entre une droite dure (Sarkozy ou Le Pen) et une droite sociale (qu’il prétend incarner).
Pourtant, la politique de son lieutenant est aux antipodes des intentions affichées : s’abriter derrière la HALDE (qui en réalité est une commande européenne aux Etats membres) ne suffit pas à masquer le désengagement du gouvernement de la politique sociale et de la politique de la ville. Le formidable travail que réalisent les associations d’éducation populaire dans les quartiers, et que salue, ce matin encore, Michel Wieviorka dans son excellente tribune du Figaro, est plus que jamais menacé par les restrictions budgétaires et les diminutions de subvention qu’impose le gouvernement Villepin. A tel point que les grandes fédérations d’éducation populaire sont contraintes aujourd’hui à organiser la fronde.
Sur les violences urbaines attisées par Sarkozy, comme sur la politique sociale démantelée par Chirac-Villepin, il est plus que temps de demander des comptes.
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