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13 novembre 2005

Les socialistes et la France

Recherche_socialiste Parcourir les actes du colloque « 1905 – 2005 : cent ans de socialisme – les socialistes et la France », organisé par l’OURS, la Fondation Jean-Jaurès et le Parti socialiste les 22 et 23 avril dernier, à la BNF, voici une autre manière de parcourir l’histoire de notre parti : par thème, à travers les analyses des meilleurs connaisseurs de cette histoire et les témoignages de ceux qui la reprennent à leur compte. Les idées des socialistes, leur vision de la société, leur rapport à l’économie, au pouvoir, à la démocratie : une autre manière d’appréhender les nombreuses tensions qui animent le socialisme français, dans ses rapports au syndicalisme, à l’économie de marché, ou encore à l’Europe pour ne prendre que ces exemples.

Alors que va s’ouvrir le congrès du Mans qui, pour beaucoup, apparait comme un peu futile, c’est aussi l’occasion de rappeler que l’exercice du pouvoir a toujours fait question à gauche. Alain Bergougnoux cite Léon Blum : « je n’ai jamais cherché le pouvoir, (…) j’en ai détourné mon parti aussi longtemps que cela m’a paru possible ». Si les socialistes ont appris, entre temps, à ne plus se méfier du pouvoir (ce que l’extrême gauche continue à nous reprocher vertement), ils n’y reviennent jamais sans avoir pris le temps de débattre de leurs orientations et sans avoir proposé des options aux militants. Le pouvoir, à gauche (et c’est une distinction d’avec la droite dont nous avons tout lieu d’être fiers) ne se prend pas sans raison : il faut d’abord s’assurer des conditions dans lesquels il permettra des avancées sociales.

La stratégie de l’extrême-gauche (pourquoi ne pas le dire ?) est tout autre : elle vise d’abord à renverser l’ordre établi pour tout reconstruire. Avec elle, c’est tout ou rien. Si bien qu’un socialiste au pouvoir, qui risquerait d’améliorer la situation sociale, retarderait d’autant le projet révolutionnaire. Aussi, et même si c’est contradictoire avec ce projet révolutionnaire, faut-il présenter des candidats aux élections, pour faire barrage à une gauche efficace mais pas absolutiste. La critique de l’extrême-gauche à l’endroit du socialisme est destructrice.

Alors, pour conclure sur ce point, je formulerais un conseil à tous ceux qui ont des reproches à faire aux socialistes : s’ils ont des reproches, c’est certainement qu’ils ont des attentes ; au Parti socialiste, le débat est perpétuel et les voix des militants comptent. Plutôt que d’appliquer la stratégie du retardement révolutionnaire, pourquoi ne pas prendre part à nos débats ?

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Commentaires

Je viens par découragement de quitter le navire. Je n'ai pas le cuir assez costaud pour continuellement me faire accuser d'être un gauchiste révolutionnaire (je suis né en 1940)
Notre parti est infesté de vieux notables attachés à des fonctionnements d'une autre époque.
J'ai rejoint une assos (voir courriel de "forum citoyen du Castillonnais")et maintenant, je vis au milieu de militants de partis politiques conservateurs et progressistes qui veulent faire de la politique autrement. Cela ne veut pas dire que le PS n'a pas d'importance pour moi ; mais son train-train de sénateur ne suit pas la réactivité de notre société libérale qui demande une constante réactivation politique qui ne peut prendre en compte le combat des vieux éléphants. Je ne pense pas être un réactionnaire. Je désire avec mes camarades être le plus réactif possible.
Salutations citoyennes.

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