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12 octobre 2005

Pas assez festive, la laïcité?

Pas assez fêté, le centenaire de la loi de 1905 ? C'est en tout cas l'avis de Guy Coq, exprimé dans une tribune du Monde aujourd'hui. A la différence des communes, comme celle de Paris dont plusieurs arrondissements organisent ou participent à des fêtes de la laïcité ces week-ends, (ici dans le XVIII°, ou là dans le XIII°), le gouvernement semble décidé à ne pas susciter le débat. Une manière de ne pas tirer de premier bilan de la loi sur le voile?

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Autre initiave parisienne à saluer, on ne peut plus festive pour le coup : la manifestation "tous égaux, tous en scène", pour lutter contre toutes les formes de discrimination.  C'est ce WE, à 18h30 au Zénith.

15 mars 2005

Sept mois n'est pas l'âge de raison

Sophie_dumont Sept mois après sa mise en application, l’on tire les premières conclusions de la loi sur le voile. Certainement un peu trop tôt pour parvenir à une estimation de ses effets sur notre modèle social ; suffisant pour se rendre compte de ses méfaits individuels. Difficile à mesurer, son influence sur la volonté intégratrice de la société française ne devrait pas non plus être oubliée. A-t-on renforcé le « c’est à eux de s’adapter, pas à nous » aux relents nauséabonds, ou bien a-t-on promu un modèle où l’égalité prédomine sur la différence ? Pour ma part, je préfère certes, évidemment, la seconde alternative à la première, mais je ne souhaite pas en faire l’alpha et l’oméga de la politique de lutte contre les discriminations. Lutter contre les inégalités ne peut pas passer par l’ignorance des différences. Et je ne suis pas non plus certain que la formation des imams à la Sorbonne, pour judicieuse qu’elle paraisse, permette à chaque musulman français de pratiquer son culte dans des conditions décentes. Bref, ces mesures me donnent l’impression que l’on choisit assez systématiquement des pis-aller, qui préfèrent ne pas fâcher ceux qui prônent le pire au détriment de ceux qui voudraient un meilleur pourtant certain, et au risque, au final, d’un statu quo qui ne résout rien. Mais ce sont là des réflexions personnelles, que vous pouvez contester…

18 février 2005

Ouverture des hostilités commémoratives

Vous pouvez choisir de subir l’alternative entre le rétrograde Sarkozy et Raffarin le conservateur, l’un voulant revenir sur la loi de 1905 pour renouer une alliance sacrée entre le religieux et le politique, au risque de la « guerre des dieux », l’autre refusant d’équilibrer les cultes, au nom de l’édifice séculaire de la laïcité. Le Premier ministre, dans sa tribune dans le journal La Croix de lundi, redonnait des points de passéisme à son ancien ministre des Cultes : « Une évolution législative en ce domaine ne pourrait être partielle : toucher à une partie de l’édifice - fût-ce avec des intentions louables - conduirait immanquablement à des réactions qui ébranleraient tout notre système. » Autant traduire, pour ceux qui n’ont pas La Croix avec leur croissant : si vous, lecteurs catholiques, vous ne voulez pas perdre vos prérogatives de culte le plus aidé de France, abstenez-vous de suivre le président de l’UMP.

Ou bien vous pouvez vous adonner à la riche lecture des tribunes un peu plus consistantes qui fleurissent cette semaine, avec le lancement des cérémonies officielles de commémoration de la loi de 1905.

Michel_wieviorka_1 Michel Wieviorka, dans Une solution pour intégrer l’islam dans la société (Le Figaro de mardi), critique une vision de la laïcité qui serait devenue conservatrice : « aujourd'hui, beaucoup y voient un recours face aux menaces qui pèsent, ou qui pèseraient, sur les institutions ou sur l'identité nationale. » Il se livre ensuite à une critique a posteriori du contexte de la loi du 15 mars 2003, accusée de n’avoir «  pas favorisé le dialogue avec les citoyens français de confession musulmane, [de ne pas s’être] pas caractérisé par des efforts pour faire preuve de pédagogie et d'explication, ne serait-ce qu'à propos de l'application de la loi ».

Jean_arnold_de_clermont Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération Protestante de France, dans 1905-2005, l’Etat face aux Eglises (Le Monde daté du 15 février), pose la question du pluralisme et de son évolution en un siècle : « Aujourd'hui, la loi de 1905 ne doit-elle pas être adaptée à une nouvelle configuration religieuse où, aux quatre cultes reconnus par le Concordat et les articles organiques, toujours en vigueur en Alsace et Moselle, à savoir les cultes catholique, juif, luthérien et réformé, se sont ajoutés les cultes orthodoxe, musulman, évangélique et pentecôtiste, et des cultes orientaux, dont le bouddhisme ? »

Antoinre_sfeir_1Enfin, signalons deux tribunes qui plaident pour un islam occidental, moderne et déconnecté de toute pression extérieure : Manifeste pour un islam européen, par Abdennour Bidar, dans Le Monde du 14 février, et Au nom de la citoyenneté !, (Le Figaro du 14 février) par Antoine Sfeir (qu’on ne présente plus, surtout lorsqu’on regarde Arte).

15 février 2005

Dérapages contrôlés, glissade collective

Par petites phrases interposées, l’on assiste à une drôle de partie de billes…

Mouloud_aounit C’est d’abord Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, qui veut interdire les blasphèmes. Comme l’on n’avait jamais été aussi loin dans la récupération des victimes de l’islamophobie, et que M. Aounit aime bien, depuis quelques temps, repousser les frontières, il a carrément décidé d’aller chasser sur les terres du fondamentalisme. Quitte à oublier, pour un temps ou pour toujours, la lutte antiraciste et l’association qu’il dirige.

C’est ensuite le pape qui pousse son offensive, je n’y reviens pas.

Roger_cukierman C’est enfin Roger Cukierman, président du CRIF, qui constate « une incompatibilité entre la politique extérieure de la France et la politique intérieure de lutte contre l’antisémitisme. » Comme s’il y avait un lien de causalité ; comme si les enjeux sociaux conditionnaient notre diplomatie, ou pire : comme si les conflits étrangers devaient menacer notre cohésion sociale. Comme si, aussi, les dignitaires communautaires juifs de France étaient les garants des bons égards du gouvernement français envers le gouvernement d’Israël, et qu’il n’y avait pas d’ambassade d’Israël en France.

Troublantes impressions : la première est que, devant les faiblesses du modèle français, devant les interrogations persistantes sur la place des religions et le rôle de la laïcité, chacun réarme son canon pour assiéger le premier la bastide. La seconde est que, non content de fouler au pied tous les principes républicains, chacun les détourne pour son propre compte, sachant la riposte presque impossible. La troisième est que l’absence de sens des responsabilités et de la mesure de la part de ces éminents représentants rend problématique la présence d’interlocuteurs fiables.

Bref, si vous voulez mettre à mal l’âge du pluralisme dont parle Jacqueline Costa-Lascoux, continuez ainsi !

23 janvier 2005

Quel islam pour quelle laïcité ?

par Hakim El Ghissassi

Ala "une" d'un grand quotidien national, un titre : "Les RG traquent l'islam radical", et une photo : des musulmans en position de prière dans une rue populaire du 18e arrondissement de Paris. La légende de la photo a omis de signaler que les fidèles font ainsi la prière faute de place dans le lieu du culte musulman. Depuis plusieurs années, la municipalité du 18e étudie la possibilité de doter les musulmans de lieux dignes et plus spacieux ; un projet doit être concrétisé d'ici à 2006.

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