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25 octobre 2005

Centenaire de la Fédération Protestante de France

Croix_huguenote_2 La Fédération Protestante de France, elle aussi, fête ses cent ans (ce qui n’est pas, on s’en doute bien, un pur hasard), et s’invite dans le débat sur la loi de 1905, par la voix de son président, Jean-Arnold de Clermont. Il faut dire qu’elle réussit le tour de force d’avoir été, au moment de la séparation des églises et de l’Etat, favorable à la loi républicaine, et d’être désormais sensible aux propositions de toilettage, comme le montre cette réflexion de 2002 accompagnée de propositions. Le statut de cette religion, relativement récente, très longtemps persécutée, en conflit avec l’église catholique jusqu’après la seconde guerre mondiale, et toujours minoritaire, confère à son expérience un intérêt certain.

Intéressante également : l’analyse d’Henri Tincq, catholique libéral, sur la « "protestantisation" de fait de l'Eglise catholique ».

24 octobre 2005

Loi de 1905 : Sarkozy récidive aussi

Laicite_1905_lerireSur la loi de 1905 aussi, Sarkozy récidive, en demandant de l’ « adapter (…) à la réalité du temps », c’est-à-dire de prendre en compte l’apparition de l’Islam dans le paysage cultuel français. Les choses se précisent, puisque le ministre de l’Intérieur a déjà confié à Jean-Pierre Machelon une commission chargée d’apporter des solutions précises. La riposte du tandem Chirac – Villepin ne s’est pas faite attendre : le premier demande de ne pas remettre en cause un texte qui a si profondément contribué à la paix civile, tandis que le second invite à ne pas « ouvrir la boîte de Pandore. »

On comprendra le petit plaisir que s’est offert François Hollande, même si sa position ne fait pas beaucoup progresser le débat.

19 octobre 2005

Place de la religion : Sarkozy récidive

Sarkozy_3 Un an après son livre sur la question religieuse, Sarkozy récidive : lors de son audition par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le 19 septembre dernier, il a réitéré ses propos sur le rôle de la religion : éducation au bien et au mal, seul accès au droit à l’espérance, encadrement de la jeunesse des banlieues, mission d’apaisement social… Pour notre ministre des Cultes, il y a bien deux Frances : celle de ceux qui ont la chance et le privilège de croire, et celle de ceux qui se sont fourvoyés sur les mauvais chemins de la vie…

Vous pouvez voir sa conférence sur le site de l’ASMP, ou la lire sur le site du Ministère de l’Intérieur.

15 mars 2005

Sept mois n'est pas l'âge de raison

Sophie_dumont Sept mois après sa mise en application, l’on tire les premières conclusions de la loi sur le voile. Certainement un peu trop tôt pour parvenir à une estimation de ses effets sur notre modèle social ; suffisant pour se rendre compte de ses méfaits individuels. Difficile à mesurer, son influence sur la volonté intégratrice de la société française ne devrait pas non plus être oubliée. A-t-on renforcé le « c’est à eux de s’adapter, pas à nous » aux relents nauséabonds, ou bien a-t-on promu un modèle où l’égalité prédomine sur la différence ? Pour ma part, je préfère certes, évidemment, la seconde alternative à la première, mais je ne souhaite pas en faire l’alpha et l’oméga de la politique de lutte contre les discriminations. Lutter contre les inégalités ne peut pas passer par l’ignorance des différences. Et je ne suis pas non plus certain que la formation des imams à la Sorbonne, pour judicieuse qu’elle paraisse, permette à chaque musulman français de pratiquer son culte dans des conditions décentes. Bref, ces mesures me donnent l’impression que l’on choisit assez systématiquement des pis-aller, qui préfèrent ne pas fâcher ceux qui prônent le pire au détriment de ceux qui voudraient un meilleur pourtant certain, et au risque, au final, d’un statu quo qui ne résout rien. Mais ce sont là des réflexions personnelles, que vous pouvez contester…

22 février 2005

L’enseignement du fait religieux à l’école

Vendredi dernier, l’enseignement du fait religieux à l’école a été l’objet d’un amendement – adopté en première lecture – au projet de loi pour l’avenir de l’école, au terme d’un débat relativement consensuel. L’objet de l’amendement est, « dans le respect de la liberté de conscience, et des principes de laïcité et de neutralité du service public, d'organiser dans l'enseignement public la transmission de connaissances et de références sur le fait religieux et son histoire ». Le fait religieux deviendrait ainsi, sinon, une matière, un enseignement à part entière. Pour son auteur, Jean-Pierre Brard, « l'analphabétisme religieux des jeunes est patent. C'est l'une des causes de nos difficultés à développer le mieux vivre ensemble, à l'école et dans la société. » Jean-Pierre Blazy a eu beau dénoncer les dangers que représente, en la matière, le fait de décider d’une telle option de société au détour d’un amendement, et sans plus de considération pour la formation des enseignants chargés de dispenser cet enseignement, le consensus semblait large pour reconnaître que le défaut de culture religieuse participait largement à la diffusion de l’intolérance. Qu’en pensez-vous ?

13 février 2005

Quand Rome vante la laïcité…

... c’est pour demander aux fidèles d’intervenir, en tant que tel, sur la place publique.

Garde_suisse_1Manifestement, la lettre adressée par le Vatican aux évêques français, vendredi dernier, sur le thème de la commémoration de la loi de 1905, souffle le chaud et le froid. D’un côté, elle reconnaît la pacification des relations entre l’Eglise et l’Etat, et l’attachement des français pour la loi de 1905 ; de l’autre, elle invite les croyants à user de leur influence auprès du pouvoir et à faire entendre un peu plus leur voix dans le débat démocratique. La papauté ne se résout pas au confinement de la religion dans la sphère privée, et réclame une éducation de la jeunesse qui fasse la part belle à la spiritualité. C’est la même position, trait pour trait, que celle développée par Nicolas Sarkozy dans son livre, qui doit se réjouir de ce renfort en haut lieu. Pas l'évêque d'Angoulême...

19 janvier 2005

Jours fériés et fêtes religieuses

AidelkebirDemain, jeudi, c'est une fête d'Aïd-El-Kébir… non fériée. Le rapport de la commission Stasi avait pourtant préconisé une loi composée de deux volets : d’une part une interdiction de porter des « tenues et signes manifestant une appartenance religieuse ou politique », d’autre part la création de deux nouveaux jours fériés pour deux fêtes religieuses, l’Aïd et Kippour. Les parlementaires n’auront pas fait grand cas de la deuxième partie, qui devient ainsi purement cosmétique. Elle avait fait un peu de bruit, un peu trop peu-être, et n’avait pas été relayée par les organisations confessionnelles. Elle portait en germe une conception assez particulière de la laïcité, tendant à rendre plus souple la frontière entre le public et le privé, tout en la conservant, et à reconnaître à la société française un caractère multiculturel. Etait-ce cependant une bonne idée ? à votre avis ?